Une fois encore, le Maroc se sera montré d'une extraordinaire générosité avec les concurrents du « Classic », organisé comme de coutume de main de maître par la famille Rageys et son équipe. Laissant en Europe les rigueurs d'un printemps maussade et capricieux, les amoureux de belles anciennes y trouvent depuis 15 ans une incomparable terre d'accueil pour savourer, une semaine durant, un plaisir de conduire ailleurs révolu. L'édition 2008 n'a pas fait exception.
Au départ de Rabat, dans le strident sillage du V12 de la Matra 650 de Pierre Rageys qui ouvrait la route, les 51 voitures engagées au « Classic » et les 18 au « Prestige » s'élançaient cette année vers Tanger. Question : Lazar-Agostini, vainqueurs des deux éditions précédentes, allaient-ils réussir la passe de trois ?
A l'issue de cette première étape, l'équipage de la Ferrari 308, classé second, semblait bien parti pour établir un nouveau record. Mais le favori allait se montrer par la suite moins régulier que de coutume, et il devra cette fois se contenter de terminer sixième à Marrakech, ouvrant ainsi la voie à un formidable suspense.
Cinq équipes vont en effet se battre pour la victoire à coups de dixièmes de secondes pendant toute la semaine, et il faudra attendre jusqu'au terme de la dernière épreuve chronométrée pour les départager, après que cinq leaders différents se soient succédés depuis le départ !
La seconde étape s'achevait à Fès sur un triomphe du contingent britannique (venu en force cette année il est vrai) et plus spécifiquement de la famille Wignall : Jayne installait sa Sunbeam Tiger en tête du classement général devant Paul et sa Porsche 911 S. Mais le lendemain, Jurgen et Yvonne End frappaient un grand coup sur la route d'Erfoud et s'emparaient du commandement. Les « éternels seconds » (ils avaient déjà terminé trois fois deuxièmes du Classic !) allaient-ils enfin briser la malédiction et l'emporter ?
On commençait à le croire le lendemain soir à l'arrivée du bivouac de M'Hamid où, après avoir traversé sans dommages la queue d'une tempête de sable, ils conservaient la tête. Cependant, on commençait aussi à remarquer la formidable remontée des époux Yves et Elka Gouzer, qui hissaient leur Austin Healey de la 47ème à la troisième place ! D'autre part, on pointait pour la première fois la Porsche 911 d'Alexandre et Mathias Ismail, pas très bien partis eux non plus, dans le top ten.
Le lendemain, sur la route de Ouarzazate, nouvelle affaire de famille : Frédéric Thouvenin-Philippe Merle s'imposaient aux commandes de leur Jaguar XK 150S devant l'Alfa Giuletta des ravissantes Carine et Pauline Merle, tandis que Jean-Pierre (le chef de la tribu) et son fils Alexandre se classaient 11èmes à bord de leur Type E V12.